Le
Shodô est à la fois une discipline pratique
et artistique. Son apprentissage demande concentration, calme et patience.
Le but est identique à celui de tous les arts martiaux et traditionnels
japonais : prise de conscience et harmonisation du plein et du vide.
La calligraphie est apparue d'abord en Chine et en Corée. En
orient, elle est considérée comme un art et qu'elle soit
japonaise ou chinoise, s'exécute de la même façon,
avec un pinceau, de l’encre de Chine et du papier de riz.
Le japonais utilise non seulement les idéogrammes chinois mais
des caractères phonétiques qui lui sont propres et de
ce fait, a créé un style différent. Dans la calligraphie
japonaise, les caractères chinois « Kanji » et les
« Hiragana » sont tracés de façon à
en faire ressentir l'esthétique.
Des
traces d'écriture chinoise ont été retrouvées
au I–IIème siècle de notre ère, mais les
relations Sino – Japonaises sont antérieures à l'introduction
du Bouddhisme au Japon, et à l'ère de Asuka (V-VIème
siècle), elle est assimilée et sa sophistication donnera
naissance à l'art de la calligraphie. A l'ère Héïan
(VIII–XIIème siècle) avec les KANA, l'art de l'écriture
Shodô atteint un grand raffinement. KANA est d'abord utilisé
par les femmes et perfectionné à l'ère de Héïan
(781–1156).
Le
tracé d'un idéogramme obéit à des règles
strictes. Respecter l'ordre des traits facilite la mémorisation
de l'idéogramme et permet d'acquérir une calligraphie
dynamique. Il faut également tracer le caractère dans
un carré imaginaire, quel que soit le nombre de traits.
Les
cours de calligraphie font partie de l'enseignement au Japon, mais de
nombreux adultes en font leur passe–temps. Toutefois un lettré
n'est pas pour autant un Shodô-Ka (artiste calligraphe).
La
différence entre la calligraphie japonaise et chinoise
Vivant
en France et ayant rencontré des calligraphes chinois, j'ai pu
réfléchir sur la différence entre la calligraphie
japonaise et chinoise.
La calligraphie japonaise tire son origine de la calligraphie chinoise.
Elle utilise les mêmes instruments : un pinceau, du papier de
riz et de l'encre de chine.
Tous les arts traditionnels, importés de la Chine au Japon ont été simplifiés,
le mouvement est devenu plus direct. il ne faut pas bouger le poignet
pendant le tracé des traits à la manière japonaise,
contrairement à la tradition chinoise. Cela a été une
découverte
qui m'a donné un grand Choc !!
Nous pouvons également constater cette différence dans
les arts martiaux, à l'exemple du Kung-fu et du Karaté dans
les origines similaires.
Les styles
Le matériel
1. Suzuri : Pierre à Encre
- Encrier
Inutile de laver après chaque utilisation, l'essuyer suffit et
de temps en temps la mettre à tremper dans l'eau car c'est une
pierre qu'on trouve dans l'eau.
2.
Sumi
: Bâton d'Encre de Chine
On en trouve dans des magasins chinois, petite taille ou trop de décoration à éviter.
D'abord on met un peu d'eau dans la partie creuse de Suzuri et avec
le Sumi on frotte doucement et longuement jusqu'à ce que l'encre
soit bien noire.
3. Boku
ju :
Bouteille d’encre
On peut également acheter l'encre toute prête en bouteille
mais il serait préférable de frotter avec le bâton
d'encre pendant un petit moment aussi bien pour la qualité de
l'encre que pour se mettre en état de calme et de concentration.
4. Kami :
Papier
On en trouve dans les magasins spécialisés mais il n'existe
pas de format approprié pour la pratique de Shodo. (24cm x 33cm)
5. Shita
Jiki :
Feutrine
On la trouve chez les marchands de tissus ou merceries.
6. Fude :
Pinceau
Il est difficile, en France, de trouver de bons pinceaux pour la calligraphie
Shodô.
N'hésitez pas à me contacter si vous avez des difficultés à trouver
le matériel nécessaire (taille, qualité, etc).